Ce matin au détour de cette rue mon c½ur se sert...Je respire mal, mes yeux tentent de fuir en vain...
Je ne voulais pas regarder en direction de ton ancienne demeure...Je voulais me forcer à regarder autre part, toujours en vain, ton absence me fait si mal.
En essayant de luter je me suis fait encore plus mal, si bien que mes yeux ont tout de même regarder dans la direction de ta si vieille maison, cette même maison où je suis venue te voir tant de fois...avant.
Passer au delà de ta maison fut difficile, pas autant que je l'avais imaginé mais tout de même assez pour que les larmes montent, je me force à retenir mes larmes, cette fois ça fonctionne...Je serre les dents et essaie de continuer à chanter ce qui passe dans mon Ipod à ce moment là mais je n'y ai plus le c½ur... J'attends encore quelques instants et puis je coupe la musique. Mon c½ur se serre toujours.
J'ai de plus en plus de mal à respirer maintenant que nous arrivons près du cimetière, ma vision se brouille mais je veux encore résister, juste un peu...Je sors de la voiture, me dirige vers le coffre et prend les fleurs qui te sont destinées...Je m'avance seule dans le cimetière suivie de Franz et Amy Lee...Je m'arrête un instant, je respire un grand coup en regardant dans la direction de ta tombe...Les larmes montent encore, de plus en plus, je tente de fuir mon chagrin encore mais mes pas se font de plus en plus lourds, de plus en plus lent...Je voudrais renoncer mais ne le peux. Je sais très bien ce qui m'attend devant ta tombe mais je suis obligée d'y aller...Parce que je le veux mais aussi parce que je tiens les fleures à t'offrir...Je dépose le pot aux pieds du caveau, je suis en larmes, mais elles sont encore silencieuse, je fais au mieux, mais les larmes coulent et je ne vois plus rien...
Je me relève et fixe ton nom de famille gravé à jamais sur cette tombe...Léonard...Ça fait si mal de savoir que tu ne seras plus jamais là pour assister à mes premiers pas dans la vie...Tu as assisté aux 9 premières années de ma vie et d'un seul coup, tout s'est arrêté :( Alors je reste là, seule devant ta tombe alors que ma famille se dirige vers une autre...Je suis comme pétrifiée, je ne peux plus bouger, les larmes me clouent au sol de gravier comme si j'y était bétonnée...Ma respiration se fait de plus en plus rapide et je tente de retenir la sonorité de mes sanglots...D'abord debout devant ta tombe ensuite plus proche, je pose mes mains sur le dessus, mes larmes sont encore plus abondantes...Je laisse aller mes larmes, je suis tête contre le caveau...Mes jambes tremblent, je ne peux plus rester debout, je me mets à genou devant ce qui se trouve être "l'entrée" de ta tombe...Je fixe cette minuscule porte par où est entré ton cercueil il y à maintenant 8 longues années...Je n'étais même pas présente...Pourras-tu seulement me pardonner mon absence?
Je n'arrête pas de pleurer, tête baissée vers les cailloux avec une main contre cette porte à jamais scellée...Il se passe quelques minutes, pour moi le temps s'est tout simplement arrêté...Il n'y a là que mon chagrin, ta tombe et ton souvenir dans ma tête. Je pleure mais me relève, je fixe ces quelques mots inscrits sur un fond noir "A jamais dans nos c½urs" ... Tu y es à jamais gravée. J'aimerais arrêter mes larmes, celles-ci m'épuisent et me donnent mal à la tête mais je n'y arrive pas...Ma famille revient, je suis toujours en larmes, Amy arrive la première, elle me regarde sans trop comprendre ce qui se passe..Elle ne t'as pas connue et c'est vraiment dommage...me rejoignent ensuite Nicolas et maman...Elle tente d'expliquer à Nico mon état, il ne semble pas vraiment comprendre puisque lui non plus ne t'as pas connue plus que ça...Je suis la seule à éprouver autant de chagrin, je ne le comprend pas.
Maman cache le sien et me dit de rester forte, que tu voulais que je sois toujours heureuse, j'essaie, je te le jure Marraine, j'essaie vraiment, mais il y a quelque chose qui m'en empêche, je n'ai pas la volonté suffisante pour me dire que tu es là quelque part et que tu veilles sur moi...Je pense que ce qui me fait le plus de mal c'est que je n'ai pas pu te dire au revoir, tu es partie si vite et tellement trop tôt...Aussi loin que peut aller ma mémoire je ne me souviens pas t'avoir dit que je t'aimais...c'est absurde les arrières grands mères savent qu'on les aime, c'est comme un sixième sens, mais j'aurais souhaité te le dire, rien que pour te le faire entendre, une dernière fois avant la fin...Cette inévitable fin qui fait tellement de mal autour d'elle, si tu savais comme je hais ma peine et comme j'aimerais que ne me reste que les bons moments avec toi, ceux qui sont gravés sur photographies et où ton sourire me rappelle combien tu nous aime.
Cependant je reste là, dans les bras de ma mère, toujours en pleurant mais cette fois le son sort, ce n'est pas vraiment respectueux dans un cimetière mais c'est comme ça, la douleur est telle que je ne peux la contenir, même avec toute la bonne volonté du monde...Chaque larme est mille coups de poignards dans mon c½ur, chaque larme me fait suffoquer de plus belle...Comment te dire ce que je ressens quand tu ne peux même plus me répondre? Comment me dire que tu es fières de moi quand je ne peux plus apercevoir ton si beau sourire rempli d'amour...Plus les années passent et plus j'oublie...Les photos me rappellent certes ton visage mais ne peuvent me rapporter le son de ta voix. Les photos sont bien froides comparées à la chaleur de ta peau toujours là, encrée dans mon c½ur d'enfant,s'il y a bien une chose pour laquelle je ne veux pas grandir c'est pour ça, lorsque nous grandissons nous oublions les choses qui ont été essentielles à notre enfance.
Je ne veux pas oublier ce qui fait que je suis toujours aussi attachées à toi malgré ton absence...Je voudrais remonter le temps, me dire que tu es toujours là, dans ta maison à Arsimont, qu'il me suffit d'aller sonner à la porte, d'attendre et de voir ton visage apparaître dans l'embrasure de la porte...Qu'il me suffira de passer le seuil pour retrouver l'odeur de tes meubles, cette odeur boisée si chère à mon enfance... Je me souviens de tout encore, l'agencement de la maison est toujours gravée dans ma tête, mais les sons et les odeurs se font plus légères à chaque fois que je gagne en années...J'ai peur d'oublier, j'ai peur des lendemains, de me réveiller un matin et d'avoir tout oublié...J'ai peur d'avoir peur, la peur en elle même est tellement dévastatrice...
Je ne veux jamais oublier ton sourire, celui qui me réchauffe tant le c½ur, ton absence est un énorme vide au fond de moi que je ne sais comment combler, tu es et restera toujours une personne chère à ma vie Marraine, sache que je ne t'oublie pas !!! Je t'aime, où que tu sois et ce malgré les années...
Anne Lise....